Mercredi dernier (22 avril), nous n'avions qu'une réunion de prévue, à vina VIK, dans la vallée de Cachapoal (2 heures de route au Sud de Santiago). J'avais donc dû au préalable prendre contact avec le directeur commercial du domaine, un certain Gonzague de Lambert (je n'invente rien). Son patronyme ayant éveillé ma curiosité, je suis allé faire un tour sur son profil LinkedIn... Et en effet, vu le patrimoine de sa famille, il aurait été quelque peu étrange qu'il s'appelle Pierre Dupont. Ainsi, en plus d'être le directeur commercial et marketing d'un des vignobles les plus en vue du Nouveau Monde, monsieur est également l'heureux propriétaire (au même titre que ses frères et ses parents) d'un domaine de taille conséquente dans le Pomerol. Alors ça ne parle peut-être pas à tout le monde, moi-même il y a un peu plus d'un an je pense que ça ne m'aurait fait ni chaud ni froid, mais je vais y venir.
Je redoutais donc un peu cette journée, étant intimement persuadé que ce cher Gonzague était un personnage suffisant, hautain et méprisant comme c'est malheureusement le cas pour bon nombres d'acteurs du secteur du vin chez nous (dans les hautes sphères du moins, j'aime bien les idées reçues mais il me reste un peu de bon sens).
Mais finalement c'est quelqu'un d'assez simple. Il nous a d'ailleurs avoué le plus simplement du monde que la valeur d'un hectare de Pomerol aujourd'hui se situait dans une fourchette allant de 1 à 10 millions d'euros, et que sa famille en possédait 45. J'ai failli lui dire que j'étais sûr qu'ils avaient pas de babyfoot et que moi oui, mais je me suis retenu.
Blague à part, il nous a très bien accueilli, n'a pas été froid ou hautain, pas même avec le stagiaire pourri de 24 ans qui aurait pourtant été une cible toute choisie.
Passons à la visite :). VIK est donc un domaine viticole chilien ou plutôt un domaine viticole qui se situe au Chili, ou plutôt un complexe hôtelier qui fait du vin et accueille les touristes étrangers au Chili ou... Enfin c'est pas juste un vignoble chilien en tous cas.
C'est un projet pharaonique qui a vu le jour en 2006, fruit de la passion commune de plusieurs pointures du secteur et de leurs comptes en banque (l'un des fondateurs possède un grand cru classé chez nous, rien que ça).
C'est tout un concept: grand vin, paysages à couper le souffle, restaurant, salles d'expositions d'art contemporain (le Big Boss a une galerie à New York), hôtel de luxe avec piscine à débordement, sauna avec vinothérapie etc (il vous en coûtera minimum 1 000 euros la nuit), activités variées comme le trekking, le cheval... Bref, "l'Expérience VIK".
La photo est pas mal, mais vraiment, je vous jure qu'avec un bon appareil (ou si je savais me servir du mien qui sait...) elle ne ressemblerait pas à ça... A l’œil nu c'était époustouflant. Pour faire simple: au fond, dans la zone très lumineuse au dessus des collines, et bien moi je voyais la cordillère des Andes et ses neiges éternelles... Vraiment incroyable.
ça c'est l'entrée, le chemin qui mène à la Bodega... C'est très esthétique, et l'eau aide en plus au contrôle des températures de la salle des barriques qui se situe juste en dessous.
Ou le doux nectar est fabriqué... Ils ne produisent qu'un seul et unique vin, dans lequel ils mettent tout leur savoir-faire et leur amour (à travers par exemple des études minutieuse des sols: mise a profit de chaque micro-caractéristique de chaque parcelle selon la composition de son sol, son exposition au soleil, sa capacité à mieux accueillir tel ou tel cépage etc...). Ce qui rend forcément la bouteille chère (190 dollars) mais qui garantit bien sûr une bonne qualité. Je vais y revenir.
ça doit être la mode vers la grosse pomme...
On a donc goûté ce fameux vin, sobrement nommé "VIK". Pour éviter de rendre leurs séances de dégustation expéditives et éviter d'ouvrir quatre millésimes de leur vin, ils proposent de goûter les trois monocépages qui composent l'assemblage final. C'est plutôt intéressant. Le hic c'est que Manuel et moi avons préféré le 100% Cabernet Sauvignon, plutôt que le produit fini, fruit de longues heures de réflexion d'oenologues de renom. Alors moi je n'y connais rien donc mon avis ne vaut pas grand chose, mais Manuel lui, est un fin connaisseur haha. Enfin bon, c'était pour l’anecdote, les goûts et les couleurs vous savez...
Le fameux hôtel à 1 000 dollars la nuit...
En hiver, la surface semi-désertique en face de cette sympathique piscine se transforme en large étendue d'eau, je vous laisse imaginer la vue. Et j'imagine qu'au prix ou c'est, la piscine doit être en service l'hiver :).
ça c'est la salle de bain d'une des chambres (sur les carreaux sont représentés toutes les personnes ayant contribué à faire naître le projet, dont Gonzague haha). Chacune des 22 habitations possède son propre univers, univers pensés par autant d'artistes différents. C'est un peu décalé comme ambiance cet hotel, je dois dire que ça me dépasse un peu,j'aime mieux la sobriété mais au moins on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas travaillé dessus.
Voilà, c'était une journée sympa et assez enrichissante grâce aux discutions avec notre hôte et Manuel. On a été invité à déjeuner dans le restaurant de l'hôtel, ça ne valait pas un Best Of BigMac mais on fait avec.
Sinon le travail au bureau continue sur le même rythme. J'ai toujours énormément de travail, voire plus, mais c'est toujours aussi enrichissant, tout va pour le mieux. Ah oui et le week-end je dois aussi m'infliger quelques heures supplémentaires pour avancer sur le mémoire de la fac, sinon c'est pas marrant. En voici une infime partie ci-dessous haha.
Et mercredi prochain nous avons 4 réunions de prévues. On retourne dans la Vallée de Casablanca pour visiter les domaines de: Matetic, Casa Marin, Kingston et Quintay.
PS: Le volcan se situe à 1 000 km au sud de la capital ;) .
