Mercredi c'était le jour des visites. A la base, nous en avions deux de planifiées (sur les 4 vignobles ouverts au tourisme de cette vallée) mais Manuel est parvenu, à coups d'appels téléphoniques et de culot, à faire en sorte que l'on visite les 4 dans la journée.
Cette vallée est proche de Santiago, à une heure de la capitale en allant vers le nord. Le trajet fût donc plutôt court et sans embûche. Nous avons commencé par le domaine Sanchez de Loria ou nous attendait Felipe Cruz, un responsable touristique d'un certain âge, enthousiaste, passionné et chaleureux. Il nous a donc fait faire le tour du propriétaire et nous à fait découvrir ce vignoble atypique, qui compte plus d'un siècle d'histoire. Partout les odeurs nous assaillent, tantôt le souffre, tantôt les fleurs ou bien même l'odeur de renfermé dans certaines pièces de la demeure patronale. J'ai vraiment adoré ce lieu, emprunt d'histoire, ou sont mises en avant les traditions (qu'il s'agisse des techniques agricoles ou de l'aspect familiale de l'entreprise).
Ici, pas de bodega impressionnante, pas de cuves en inox, pas de restaurant prétentieux, pas de parking pour accueillir des bus remplis de touristes et pas de panneaux explicatifs glorifiant les heureux propriétaires et leur réussite commerciale. Ici non, on produit du vin, depuis le 19eme siècle, et on le produit toujours de la même manière qu'alors, et ce en famille. On y fait les vendanges à la main et on n'exporte pas. C'est vraiment l'histoire du vin chilien qui continue de respirer ici, entre ces vieux murs qui restent debout et n'ont que faire de l'uniformisation des pratiques et des vins.
Notre hôte qui, à l'image du domaine, est quelqu'un de simple, sincère et passionné, nous a fait goûter quelques uns de leurs vins.
- Tadea Sauvignon Blanc 2014.
- Reserva Oidor Cabernet Sauvignon 2010.
- Cabernet Sauvignon Licoroso 2009.
- Viognier 2013. Ce dernier m'a vraiment surpris. C'est un vin blanc tout ce qu'il y a de plus normal à en regarder la bouteille, mais une fois ce nectar dans la bouche, la surprise est totale... Un vin rouge. Vraiment au goût c'est un vin rouge. Il faudra que je me renseigne parce que là je n'ai pas tout compris. Même si les magiciens n'aiment pas dévoiler leurs tours je pense pouvoir trouver la réponse sur la toile haha.
Vers midi, la visite s'est terminée par une accolade chaleureuse avec Felipe. A ce moment là, nous avions 4 heures devant nous avant la visite suivante... Alors Manuel y est allé au culot et nous a directement conduit dans le vignoble Von Siebenthal, sans avoir obtenu de rendez-vous ni même avoir prévenu qui que ce soit.
Nous avons été reçus en premier lieu par Darwin, le maître de chai (le responsable touristique étant en déplacement). Il nous a montré les infrastructures, nous a brièvement raconté l'histoire du domaine, jusqu'à ce qu'un monsieur d'une cinquantaine d'années le coupe au milieu de sa tirade. Cet homme aux grosses lunettes rondes, au crane dégarni et à la bedaine fière s'est avéré être le propriétaire des lieux. Il a donc pris le relais et nous a raconté son histoire, l'histoire de son rêve devenu réalité.
Vous pouvez voir sa trombine sur le site du domaine :). Avant de devenir viticulteur ici, il était avocat en Suisse et jouissait d'un train de vie plus que confortable (il gagnait plus d'argent que maintenant en travaillant moins selon ses propres mots). Il aimait sa vie, son métier, ses collègues, son confort etc. Mais depuis tout jeune il aimait surtout le vin, une véritable passion qu'il se contentait alors d'assouvir en se confectionnant une cave exceptionnelle remplie de vins uniques et aujourd'hui certainement hors de prix. Alors il a quitté tout ça pour repartir à zéro à l'autre bout du monde. J'ai considérablement raccourci l'histoire qui est en réalité bien plus longue (monsieur aime bien parler haha).
A la différence de nombreux producteurs natifs du Chili, qui - je ne les blâmerai pas pour ça - défendent corps et âme leur savoir-faire et leur tradition, M. Von Siebenthal admet sans aucune difficulté que les techniques européennes sont exceptionnelles, tout comme le terroir chilien. C'est certainement ce qui fait que ses vins rencontrent un franc succès, cette alliance du savoir-faire européen, bon disons-le franchement, du savoir-faire français, et des caractéristiques uniques du terroir d'Aconcagua. Et cette importance attachée au terroir, au climat et aux sols est relativement nouvelle dans le monde du vin chilien (ou l'on préfère mettre en avant le raisin, le produit en lui-même, plutôt que ses facteurs de production).
Pour toutes ces raisons, les vins Von Siebenthal comptent parmi les meilleurs du pays. Alors ici aussi, on attache une grande importance au vin, à chaque détail, à chaque paramètre. Et le chef d'orchestre de tout ce travail se rit des châteaux chiliens qui produisent des millions de bouteilles par an tout en prétendant vendre un produit d'exception. Il est intimement persuadé qu'en dépassant une certaine taille critique, un certain nombre d'hectares, il est impossible de tout contrôler, et de contrôler bien, avec amour et doigté :). C'est son avis en tous cas haha.
C'était une chance de pouvoir écouter parler ce monsieur charismatique, fier du chemin qu'il a parcouru et du vin qu'il produit (et qu'il boit bien sûr, de l'ordre d'une bouteille par jour).
Vers 14h30, après avoir avalé quelques sandwichs, Manuel parvient à décrocher un rendez-vous de dernière minute au domaine Errazuriz, véritable institution ici, et ailleurs. Changement d'ambiance ici, ça sent un peu plus l'argent, les médailles et les journalistes.
L"histoire de ce château est bien trop longue et bien trop riche pour la résumer en quelques lignes, mais qu'est-ce qu'elle est intéressante ! Notre guide Fernanda nous en a fait le récit, parfaitement illustré par de nombreux portraits de famille.
Alors certes, ce domaine est quasiment aussi ancien que celui de Sanchez de Loria, mais la comparaison s'arrête là. Ici, le temps ne semble pas s'être arrêté, au contraire, il a fait son oeuvre et les hectares de vignes ont eu tout le loisir de voir pousser à leurs côtés des bâtiments impressionnants et même un village. La vie de la zone tournait autour de ce vignoble. Le propriétaire y a fait construire des habitations pour les ouvriers, une église, une école, un théatre etc.
Aujourd'hui, plus d'un siècle après le début de cette folle aventure, les vins Errazuriz sont vendus dans le monde entier, et certains d'entre eux rivalisent avec les plus grands châteaux français (en terme de qualité oui, classements internationaux à l'appui !).
Les infrastructures sont à couper le souffle, c'est très impressionnant, et je serais vraiment curieux d'avoir quelques chiffres sur le Patrimoine de l'actuel propriétaire, descendant direct du fondateur d'Errazuriz. Tout est gigantesque, impressionnant et savamment pensé. Rien ne semble être laissé au hasard, c'est l'exact inverse du premier domaine visité (et c'est bien pour la diversité de l'offre touristique dans la vallée haha).
Nous avons pu goûter 4 vins Errazuriz, vraiment très bons en toute objectivité:
- Aconcagua Costa Chardonnay 2014. (super bon)
- Aconcagua Costa Syrah 2012. (Je ne suis pas fan du Syrah en général alors moyen bof...).
- Don Maximiliano 2010. (Une petite merveille à 100 euro la bouteille haha).
- Sena 2012 (icone du domaine, produit en partenariat avec Robert Mondavit, très bon également !).
* Comme vous avez pu le constater j'ai acquis un certain savoir dans l'art de la dégustation et suis désormais capable de parler d'un vin avec maîtrise et sérénité: J'aime pas / Bof / J'aime bien / J'adore trop cool super.
Le quatrième et dernier vignoble n'est pas vraiment digne d'intérêt. San Esteban est un domaine tout ce qu'il y a de plus normal, avec sa salle des barriques, sa cave de vinification, son atelier de mise en bouteilles, sa boutique etc. Rien n'est vraiment en ordre, il n'y a pas vraiment de concept développé, pas de grand vin, pas d'histoire singulière ni de signe distinctif... C'est un peu comme le Syrah d'Errazuriz : moyen-bof.
Pour toutes ces raisons, les vins Von Siebenthal comptent parmi les meilleurs du pays. Alors ici aussi, on attache une grande importance au vin, à chaque détail, à chaque paramètre. Et le chef d'orchestre de tout ce travail se rit des châteaux chiliens qui produisent des millions de bouteilles par an tout en prétendant vendre un produit d'exception. Il est intimement persuadé qu'en dépassant une certaine taille critique, un certain nombre d'hectares, il est impossible de tout contrôler, et de contrôler bien, avec amour et doigté :). C'est son avis en tous cas haha.
C'était une chance de pouvoir écouter parler ce monsieur charismatique, fier du chemin qu'il a parcouru et du vin qu'il produit (et qu'il boit bien sûr, de l'ordre d'une bouteille par jour).
Vers 14h30, après avoir avalé quelques sandwichs, Manuel parvient à décrocher un rendez-vous de dernière minute au domaine Errazuriz, véritable institution ici, et ailleurs. Changement d'ambiance ici, ça sent un peu plus l'argent, les médailles et les journalistes.
L"histoire de ce château est bien trop longue et bien trop riche pour la résumer en quelques lignes, mais qu'est-ce qu'elle est intéressante ! Notre guide Fernanda nous en a fait le récit, parfaitement illustré par de nombreux portraits de famille.
Alors certes, ce domaine est quasiment aussi ancien que celui de Sanchez de Loria, mais la comparaison s'arrête là. Ici, le temps ne semble pas s'être arrêté, au contraire, il a fait son oeuvre et les hectares de vignes ont eu tout le loisir de voir pousser à leurs côtés des bâtiments impressionnants et même un village. La vie de la zone tournait autour de ce vignoble. Le propriétaire y a fait construire des habitations pour les ouvriers, une église, une école, un théatre etc.
Aujourd'hui, plus d'un siècle après le début de cette folle aventure, les vins Errazuriz sont vendus dans le monde entier, et certains d'entre eux rivalisent avec les plus grands châteaux français (en terme de qualité oui, classements internationaux à l'appui !).
Les infrastructures sont à couper le souffle, c'est très impressionnant, et je serais vraiment curieux d'avoir quelques chiffres sur le Patrimoine de l'actuel propriétaire, descendant direct du fondateur d'Errazuriz. Tout est gigantesque, impressionnant et savamment pensé. Rien ne semble être laissé au hasard, c'est l'exact inverse du premier domaine visité (et c'est bien pour la diversité de l'offre touristique dans la vallée haha).
Nous avons pu goûter 4 vins Errazuriz, vraiment très bons en toute objectivité:
- Aconcagua Costa Chardonnay 2014. (super bon)
- Aconcagua Costa Syrah 2012. (Je ne suis pas fan du Syrah en général alors moyen bof...).
- Don Maximiliano 2010. (Une petite merveille à 100 euro la bouteille haha).
- Sena 2012 (icone du domaine, produit en partenariat avec Robert Mondavit, très bon également !).
* Comme vous avez pu le constater j'ai acquis un certain savoir dans l'art de la dégustation et suis désormais capable de parler d'un vin avec maîtrise et sérénité: J'aime pas / Bof / J'aime bien / J'adore trop cool super.
Le quatrième et dernier vignoble n'est pas vraiment digne d'intérêt. San Esteban est un domaine tout ce qu'il y a de plus normal, avec sa salle des barriques, sa cave de vinification, son atelier de mise en bouteilles, sa boutique etc. Rien n'est vraiment en ordre, il n'y a pas vraiment de concept développé, pas de grand vin, pas d'histoire singulière ni de signe distinctif... C'est un peu comme le Syrah d'Errazuriz : moyen-bof.
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